Choisir un métier pour le salaire et non la passion : une bonne idée ?

Pour de nombreuses personnes, travailler dans le domaine qu’elles aiment et avoir un bon salaire ne vont pas de pair. Très souvent, on renonce à exercer un métier de passion pour faire le choix d’un job de raison. En temps de crise et d’incertitudes, privilégier la sécurité et le confort d’un travail et bien rémunéré semble à première vue une bonne option. Mais si on creuse la question en profondeur, est-ce vrai ? Dans cet article, on explore les avantages et les inconvénients de cette solution.

Les bénéfices qu’il y a à choisir un métier bien payé

Tout d’abord, examinons les principaux avantages à choisir son métier en fonction du salaire. Pour en savoir plus, retrouvez 7 conseils indispensables pour choisir un métier sur planeteentreprise.com.

Le confort matériel et psychologique

On dit souvent que l’argent ne fait pas le bonheur, pourtant une étude a montré que les gens ayant un salaire annuel inférieur à 60000 euros ont un niveau de bien-être inférieur à ceux qui gagnent plus de 60000 euros par an. Cependant, il faut nuancer cette conclusion, car au-delà d’un salaire annuel de 60000 euros, le niveau de bonheur n’augmente pas en fonction du montant inscrit sur la fiche de paie. Ce qu’il est plus important de retenir, c’est qu’avoir un bon salaire permet d’éviter le stress et l’anxiété. Un travail bien payé offre également un confort matériel indéniable et appréciable.

La sécurité

Une rémunération élevée permet d’avoir un sentiment de sécurité. De plus, les postes bien rémunérés se trouvent généralement dans des secteurs et des domaines d’activité compétitifs et florissants où il y a une forte demande, comme la finance ou les Nouvelles Technologies de l’Information. Au cas où vous deviez perdre votre emploi, il vous sera plus facile de retrouver un autre poste.

La reconnaissance sociale

C’est un fait : les gens ont du respect pour les personnes qui exercent une profession offrant un salaire important. Un métier bien payé est synonyme de réussite. Vous serez plus facilement respecté(e) par autrui si vous avez un travail considéré comme rémunérateur. Et bien que cela soit réducteur, au moment de trouver un partenaire de vie, quelqu’un qui est médecin, avocat, ingénieur, directeur commercial, cadre supérieur, etc. aura un profil plus attractif que les autres car ces métiers sont associés à un bon niveau de vie.

Les inconvénients d’un métier qui paie bien mais qu’on n’aime pas

Le manque de sens

Bien que la sécurité et le confort procurés par un travail rémunérateur séduisent, ils ne suffiront pas, sur le long terme, à remédier au manque de sens que vous ressentirez en travaillant. Faire un travail qui ne nous plaît pas, pour lequel on ne ressent pas de connexion, est source de stress et de mal-être. Renoncer à son rêve pour embrasser une carrière de raison a un prix : celui de ne pas éprouver de satisfaction et de plaisir au quotidien.

La quantité de travail

La plupart du temps, les métiers bien payés sont des postes à responsabilité et s’accompagnent d’une charge de travail importante. Les horaires de travail sont longs, on ne compte pas ses heures. Dans ce type de métier, soumis à la performance, une productivité maximale est attendue. Cela laisse peu de temps libre pour soi et ses projets, ce qui constitue un frein à l’épanouissement personnel. De nombreux cadres supérieurs sont victimes de burn-out. Ne vous attendez pas à travailler 35 heures par semaine si vous visez un poste très rémunérateur.

La pression

Corollaire du point précédent. Les postes à hauts salaires se trouvent dans des secteurs d’activité ultra concurrentiels et en évolution permanente, où les salariés sont soumis à une pression constante. Pour rester dans la course, ils doivent sans cesse s’adapter et faire leurs preuves. Cela crée une tension qui peut-être insupportable pour beaucoup sur le long terme.

Bon salaire ou travail de passion : comment décider ?

Au final, il n’existe pas de solution parfaite. Chacune de ces options présente des avantages et des inconvénients. Tout dépend de ce que vous attendez de la vie et de ce qui fait votre bonheur. Dans cette partie, je vous propose d’étudier une troisième voie, un compromis entre la raison et la passion, entre la réalité et le rêve.

Trouver le juste milieu

Et s’il était possible de concilier ses centres d’intérêt et un bon salaire ? Pour clarifier ma pensée, je vais prendre un exemple tiré d’un cas réel. Simon, un passionné de dessin, rêvait de devenir peintre et de vivre de son art. Malheureusement, il savait que c’était difficile et que seuls de rares élus y parvenaient. La plupart devaient donner des cours de peinture pour joindre les deux bouts. Simon se mit en quête d’un débouché et d’un marché lucratif et eut l’idée de se lancer dans la caricature lors d’événements mondains : il proposait ses services lors de soirées prisées, et les célébrités et les people étaient ravis de payer pour se faire faire le portrait au cours de la fête. Il connut un grand succès et put gagner de bons revenus de cette activité. Simon n’a donc pas accompli son rêve de devenir le nouveau Picasso, mais il a su trouver une autre manière de gagner sa vie grâce à sa passion.

Une autre façon de concilier le rêve et la raison est de se créer un job sur mesure. Je vais me baser sur un autre exemple véridique. Celui de Lisa, qui souhaitait travailler dans la communication, mais n’avait pas le diplôme requis pour travailler dans la société de ses rêves. Elle postula malgré tout à un métier d’assistante de direction. Au sein de ce poste, elle se montra efficace, volontaire, et force de proposition si bien que sa hiérarchie lui fit confiance et lui donna carte blanche pour prendre de nouvelles responsabilités. Lisa fit évoluer son poste et finit par endosser la casquette de chargée de communication, le métier auquel elle aspirait et qui ne lui avait pas été accessible avec son CV.

L’idée à retenir avec ces exemples, c’est qu’il ne faut pas voir les choses avec des ornières ou se limiter mais, comme diraient les Anglo-Saxons, penser « outside the box » et trouver des solutions originales au-delà de l’apparente dichotomie bon salaire/métier passionnant. Aujourd’hui, avec l’évolution des façons de travailler, c’est plus que jamais possible.

La notion d’ikigai

Il y a un concept qui est devenu très à la mode ces dernières années, c’est l’ikigai, qui signifie en japonais la « raison d’être ». Pour faire simple, trouver son ikigai, c’est dénicher le travail qui allie ses goûts, son savoir-faire et qui paie. Il s’agit là de l’interprétation que font les Occidentaux de l’ikigai. Au Japon, l’ikigai peut parfaitement correspondre à un hobby auquel on s’adonne sur son temps libre, ce n’est pas nécessairement sa proffession. Avoir un travail qui permet d’avoir suffisamment de temps libre pour faire ce qu’on aime est aussi l’une des voies possibles pour concilier bien-être et argent. C’est pourquoi de nombreuses femmes s’orientent vers un métier dans la petite enfance ou lié à l’enseignement : professeur des écoles, éducatrice, ATSEM, etc. Elles peuvent ainsi bénéficier d’un grand nombre de jours de congés et d’horaires leur permettant de profiter de leur vie de famille ou d’avoir du temps pour elles. Il y a aussi la possibilité de travailler à mi-temps ou au 4/5e.

Vos aspirations dans la vie

La question à laquelle vous devez répondre avant de prendre votre décision, c’est : qu’est-ce qui est plus important pour vous dans la vie ? Quelles sont vos priorités ? La sécurité ? Le confort ? La santé ? L’épanouissement ? L’accomplissement ? En fonction de ce que vous mettrez en haut de votre liste, la bonne réponse émergera. Elle sera en tout cas différente selon les personnes, leur personnalité et leurs valeurs. Pour certains, la précarité d’un métier artistique, par exemple, serait intenable. Pour d’autres, un travail classique de bureau les ferait tomber en dépression…

N’hésitez pas à prendre conseil pour votre orientation professionnelle, mais pas forcément auprès de votre famille ou de vos parents car ceux-ci auront tendance à privilégier la sécurité, au détriment de vos besoins et de vos rêves. Le mieux est d’échanger avec des personnes qui exercent le métier qui vous attire et leur poser des questions concrètes sur leur poste, leurs problèmes, etc. afin de vous faire une idée précise de leur quotidien.

 

 

Auteur de l’article : L'auteur

Enseignant-chercheur de formation, je m'intéresse aux écoles alternatives depuis 2012, année où j'ai dû réfléchir à la scolarisation de mon premier enfant et où il m'est apparu que je voulais pour lui une école différente, bienveillante. Depuis, je me passionne pour l'éducation alternative et la parentalité positive. J'aime faire découvrir des écoles innovantes. Je suis l'auteur du livre Guide et annuaire des écoles alternatives et différentes.