Orientation scolaire : 10 étapes pour trouver un métier

« Quand je serai grand, je serai pompier… » Petits, les enfants ne manquent pas d’imagination pour trouver le métier qu’ils exerceront. Ils ont la tête pleine de rêves et d’ambitions. Mais quand ils grandissent, s’orienter s’avère plus délicat. Rares sont les adolescents qui savent ce qu’ils veulent et trouvent leur voie facilement. En tant que parent, vous avez un rôle à jouer dans cette recherche. Afin de vous aider, voici 10 astuces pour guider au mieux votre enfant dans son orientation scolaire.

1. Pensez large. Voyez grand.

L’une des erreurs les plus fréquentes que commettent les parents lorsqu’ils essaient d’aiguiller leur enfant vers une profession, c’est de ne s’intéresser qu’aux métiers qui ont des débouchés, qui offrent un bon salaire, des avantages, la sécurité de l’emploi… C’est restreindre considérablement ses horizons que de se limiter à ce qui est raisonnable. Votre enfant a le droit de rêver, d’envisager un métier qui le fasse vibrer, indépendamment des considérations économiques.

C’est l’étape durant laquelle il faut voir grand, et large, quitte à sortir des sentiers battus et à faire des choix anti-conformistes. Aucun projet professionnel n’est stupide, et il n’est pas de sot métier. Soyez ouvert/e. Si votre enfant souhaite devenir boulanger ou coiffeur, pourquoi pas ? Oubliez la pression sociale et gardez-vous de projeter vos propres désirs sur votre enfant. Demandez-lui de trouver les secteurs d’activité qui l’intéressent. Ex. : le commerce, le tourisme, la santé, l’informatique, le social, l’artisanat, etc.

2. Établissez une liste de métiers possibles

Une fois que votre enfant a défini les domaines qui l’intéressent, vous pouvez dresser une short-list de 2 ou 3 métiers possibles s’y rapportant. Ensuite, renseignez-vous précisément sur ces métiers. Cette information est disponible sur Internet. Ainsi, le site Trouver son métier propose des fiches métiers détaillées mentionnant pour chaque profession (par exemple, ATSEM) les études, les formations, les débouchés, les salaires : cliquez ici. Cette étape vous permettra d’éliminer certains métiers, car vous vous rendrez compte que votre enfant ne se voit pas faire de longues études, n’a pas le niveau ou les compétences requises pour ce type de métier ou n’apprécie pas les contraintes du poste. Cette étape permet de confronter le rêve à la réalité.

3. Faites une « Black-List »

Parallèlement à ce travail de mise au jour de ses envies, votre enfant doit lister ce qui est rédhibitoire pour lui dans un métier. Par exemple, votre enfant peut détester les chiffres, l’administratif, devoir travailler en équipe, travailler de nuit, etc. Cette liste de contre-envies vous aidera à éliminer d’autres idées qui auraient pu émerger au cours de la première étape de réflexion. Ainsi, beaucoup de filles rêvent de devenir enseignantes quand elles sont petites, mais ce métier nécessite d’aimer les enfants, de savoir gérer un groupe, d’aimer transmettre, d’avoir de la pédagogie et de la patience : bref, pour être prof, il faut avoir la vocation, ce qui est rare !

4. Une orientation choisie et non subie

Pendant tout ce processus de réflexion, il est primordial que l’échange puisse se faire à cœur ouvert, sans pression, sans attentes et sans culpabilisation. Comme tous les parents, vous avez sans doute vous aussi des ambitions pour votre enfant, mais pour que ce projet soit vraiment le sien, vous devez les mettre de côté. Cela ne servira à rien de l’influencer dans une voie que vous avez choisie pour lui : il risque de le regretter plus tard et de faire une reconversion professionnelle sur le tard. L’idée n’est pas que l’orientation professionnelle de votre enfant soit subie. Votre enfant sait mieux que quiconque ce qui est bon pour lui : faites-lui confiance et accordez-lui la liberté de faire un vrai choix.

5. Les loisirs sont un bon indicateur

Les activités extrascolaires et les centres d’intérêt de votre enfant peuvent vous aider à mieux cerner son profil : est-il plutôt créatif ? Plutôt technique ? Commercial ? Ses loisirs traduisent un tempérament et des savoir-être qui sont adaptés pour exercer tel ou tel métier. Et s’il s’épanouit dans telle activité, il y a de fortes chances qu’un métier qui correspond à ses appétences lui convienne.

6. Rencontrez des gens

Il est important de ne pas rester dans de l’information abstraite sur les métiers et d’en connaître la réalité concrète. On peut très facilement « fantasmer » sur un métier en l’idéalisant. Pour éviter cela, provoquez des rencontres et des entretiens entre votre enfant et des professionnels exerçant ce métier. Si c’est possible, incitez-le à faire des stages ou des immersions dans le type d’entreprises qui lui plaît. Les forums et les salons sont également un bon lieu pour échanger avec des professionnels.

7. Trouver le bon mode d’apprentissage

Pour pouvoir exercer un métier, plusieurs parcours sont possibles : études courtes, études générales, université, validation des acquis de l’expérience, séjour à l’étranger, etc. Des diplômes très différents peuvent permettre d’exercer la même profession. À vous de trouver le parcours le plus adapté à votre enfant, afin d’éviter l’échec. Discuter avec des professionnels du secteur vous aidera à envisager un parcours atypique et vous renseignera sur les passerelles possibles.

8. Établissez un plan d’action

À présent que la phase de réflexion est terminée, place à l’action. Définissez un plan d’action concret à l’horizon 1 an, 2 ans et 5 ans. Dans ce plan, listez les objectifs à atteindre et les démarches à effectuer, mais aussi les lieux d’études et de formation.

9. Le droit de se tromper

Il est rare de faire un parcours sans faute, de trouver la bonne voie dès le départ. Donnez à votre enfant le droit de se tromper, de faire fausse route, de bifurquer… Même si son projet semble bien ficelé, il est possible que votre enfant doute ou change d’avis. Et c’est parfaitement normal.

Dans certains pays, les jeunes bénéficient d’une année sabbatique ou année de césure au cours de leurs études supérieures pour faire le point sur leur projet professionnel. C’est une excellente tradition, qui devrait être plus développée en France, pour laisser le temps aux étudiants de mieux se connaître et cerner leurs envies. Ne rien faire pendant quelques mois n’est pas du temps perdu. Au contraire, c’est du temps de réflexion qui évitera les crises existentielles et autres reconversions à la quarantaine. Rater une année ou revenir en arrière n’est pas grave, c’est passer à côté du job de ses rêves qui l’est.

10. Le concept d’ikigai

Au-delà de la notion de métier, vous pouvez réfléchir avec votre enfant au concept d’ikigai, c’est-à-dire, ce que les Japonais nomment la « raison d’être ». Avoir trouvé son ikigai est un gage de bonheur et de longévité. L’ikigai est la conjonction entre ce qu’on aime faire, ce pour quoi on est doué, ce dont le monde a besoin et ce pour quoi on peut être payé. Par exemple, un adolescent passionné de jeu vidéo peut avoir comme ikigai la programmation de jeux vidéo : sa passion est le jeu, il est doué pour programmer, le monde a besoin de bons jeux vidéo et c’est un secteur qui offre des débouchés et des salaires corrects. Sa profession sera pour lui bien plus qu’un métier : il sera là où il doit être. À méditer !

 

Crédits photos : Pixabay

(Article en partenariat avec Trouver un Métier)

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Auteur de l’article : L'auteur

Enseignant-chercheur de formation, je m'intéresse aux écoles alternatives depuis 2012, année où j'ai dû réfléchir à la scolarisation de mon premier enfant et où il m'est apparu que je voulais pour lui une école différente, bienveillante. Depuis, je me passionne pour l'éducation alternative et la parentalité positive. J'aime faire découvrir des écoles innovantes. Je suis l'auteur du livre Guide et annuaire des écoles alternatives et différentes.

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