Steve Jobs School : bilan en demi-teinte pour ces écoles innovantes

En 2013, des écoles d’un nouveau genre apparaissaient aux Pays-Bas : les Steve Jobs Schools, du nom du co-fondateur d’Apple. Le modèle d’école Steve Jobs entend former les élèves aux exigences du XXIe siècle, à l’ère de la prééminence du digital. Six ans plus tard, le bilan de l’expérience est plutôt mitigé.

Qu’est-ce qu’une Steve Jobs School ?

Les premières Steve Jobs School ont ouvert aux Pays-Bas, dans des villes comme Amsterdam et Almere, à l’initiative de l’organisation O4NT (Education For A New Time). Il s’agissait d’écoles primaires. Le principe ? Les élèves troquent leurs livres et leurs manuels scolaires contre un Ipad, l’outil-phare des écoles Steve Jobs, censé mieux préparer les enfants aux besoins du futur. Ils étudient via des applications et une école virtuelle disponible 24h/24. Il n’y a pas d’horaires fixes, les élèves sont libres de choisir leurs projets et de gérer leur emploi du temps. Ils évoluent dans des espaces ouverts consacrés à des activités précises plutôt que dans des salles de cours traditionnelles. Il s’agit d’un véritable modèle d’école alternative qui met la technologie au centre et où l’enfant est acteur de ses apprentissages. L’Ipad d’Apple, grâce à sa variété d’ap­pli­ca­tions,  per­met d’adap­ter l’en­sei­gne­ment aux rythmes et au po­ten­tiel des enfants grâce à une flexibilité sans pré­cé­dent. Les enseignants sont davantage considérés comme des coachs, qui accompagnent les projets individuels et collectifs des enfants. Maurice De Hond, fondateur de la Steve Jobs School, parle de « révolution de l’enfant ».

Un problème de financement et de structure

Si le concept a rapidement séduit, entraînant la création de plus de 46 écoles Steve Jobs en Hollande, il n’a malheureusement pas su résister à l’épreuve de la réalité. En 2017, sur les 46 écoles initialement prévues, 12 ont abandonné le concept pour revenir à des méthodes traditionnelles, et 13 n’ont jamais fait la transition vers le modèle. La faute à un problème de financement notamment. Les frais de scolarité étaient très élevés pour les familles (allant parfois jusqu’à 20000€ par an). De plus, la formation des encadrants et les équipements avaient un coût très difficiles à supporter. Maurice De Hond évoque également un manque de structure dans le modèle, qui n’était pas évident à appliquer. Les encadrants n’étaient pas assez convaincus par la philosophie pour pouvoir la mettre en œuvre avec tout leur cœur et leur énergie, ce qui est crucial dans la pérennité d’une école alternative. Maurice De Hond ne baisse cependant pas les bras et continue de promouvoir le concept de Steve Jobs School à l’étranger. On compte ainsi 2 écoles primaires de type Steve Jobs en Afrique du Sud, une au Maroc, à Casablanca, et une en Espagne, à Javea. A ce jour, il n’existe aucune école Steve Jobs en France, contrairement à un autre modèle d’école innovante issue du monde informatique : l’école Agile ou Agile Learning Center, qui compte quelques établissements dans l’Hexagone.

 

Crédit photo : Pixabay

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Auteur de l’article : L'auteur

Enseignant-chercheur de formation, je m'intéresse aux écoles alternatives depuis 2012, année où j'ai dû réfléchir à la scolarisation de mon premier enfant et où il m'est apparu que je voulais pour lui une école différente, bienveillante. Depuis, je me passionne pour l'éducation alternative et la parentalité positive. J'aime faire découvrir des écoles innovantes. Je suis l'auteur du livre Guide et annuaire des écoles alternatives et différentes.

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